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La régionalisation c’est la fin d’une FPA de Service Public

jeudi 4 février 2010, par Administrateur

Vers la disparition des formations à implantation rare et la limitation du choix des formations aux métiers "en tension" ?

Les incidences du transfert sur l’AFPA, ses effectifs, la mobilité des stagiaires…

Nous avons lutté pour que l’AFPA ne soit pas privatisée et reste un service public qui permette l’égalité d’accès de toutes et tous à une formation diplômante sur l’ensemble du territoire national.
Hélas, la régionalisation du financement de la formation et la mise en concurrence des organismes de formation (totalement effective depuis le 1er janvier 2010) se traduisent pour les demandeurs d’emploi par une plus grande difficulté pour suivre une formation hors de leur région : la quasi-totalité des Conseils Régionaux priorisent les candidats de leur région et c’est la croix et la bannière pour intégrer toute formation hors région. La mission d’orientation se réduit au profit du remplissage du dispositif régional.
De fait, les formations uniques ou de faible implantation nationale sont particulièrement menacées. Pour 2011, chaque région semble réfléchir à la mise en œuvre d’accords « d’affectation » avec les régions limitrophes pour tenter d’ « assouplir » l’effet actuel de frontière territoriale. L’association des régions de France (ARF) que nous avions alertée dès l’annonce du transfert, ne s’est jamais vraiment souciée de régler cette situation.
De même, pour la période 2010-2012, le dispositif AFPA semble avoir été globalement maintenu du fait d’une volonté des Conseils Régionaux de ne pas trop le déstabiliser, en recourant à des appels d’offre triennaux « sur mesure ». Mais pour la période 2013-2015. les prochains appels d’offre risquent d’être beaucoup plus douloureux pour l’AFPA. La concurrence sera prête. Le directeur général de l’AFPA a déjà annoncé que l’AFPA devait passer à 7000 salariés en 2014 (11 000 avant notre transfert).
Pour P. Emploi aussi, désormais acheteur de formations en région, la règle, c’est l’appel d’offre !
Mais comment définir le « mieux disant » qui ne soit pas un « moins disant » ?
La principale garantie de qualité de la formation réside dans la compétence du formateur et les moyens qu’on lui donne pour qu’il puisse assurer sa « mission ». Ce qui suppose, a minima, d’être lui-même réellement qualifié dans son métier, de l’avoir exercé au moins cinq ans et d’avoir, en interne, suivi une formation pédagogique. Malheureusement, nous assistons déjà au sein d’organismes de formation (OF) à ce que nous dénoncions déjà depuis des années à l’AFPA : le recrutement au dernier moment d’intervenants en CDD, parfois avec de très vagues connaissances du métier, qui se débrouillent comme ils peuvent. Quant aux stagiaires, ils ressortent du stage aussi qualifiés qu’ils l’étaient en rentrant... Eux-aussi devront se débrouiller...
A terme, dans un univers concurrentiel, face à des organismes qui se montent comme des champignons avec des formateurs à la vacation, "auto-entrepreneurs" et payés au lance-pierres, la décroissance des effectifs et la fermeture de Centres AFPA "non rentables" devrait commencer bientôt.
Prochaine étape : la mise en concurrence de l’Education Nationale avec Acadomia ?

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