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Échanges et réflexions autour de la question du déploiement des personnels de l’Orientation spécialisée (psychologues et ATO).

jeudi 12 février 2015

Contribution de collègues de Picardie
26/01/2015

. Les psychologues du travail et les ATO réaffirment la nécessité de poursuivre leur activité au service des demandeurs d’emploi au sein d’équipes, départementales et régionales, dans le souci permanent de respect de l’éthique professionnelle et de la déontologie inhérentes à notre profession réglementée. Il en résulte la possibilité de :
-  Se prémunir des risques de manquement à la déontologie.
-  Confronter sa pratique et son analyse avec ses pairs
-  Pouvoir « passer la main » à ses collègues, au besoin (absence prolongée, difficulté à établir une alliance de travail dans certains cas, aisance plus grande avec certains publics spécifiques – TH, détenus…).
-  Souplesse dans l’organisation du travail et la délivrance de l’ODSO.
Ils ne se distinguent pas, en cela, des autres professionnels de Pôle emploi, qui ont besoin de travailler en collectif : conseillers « gestion des droits », conseillers « entreprise », PFV, et même le management local…

De nombreux audits et rapports d’expertise, menés à Pôle emploi depuis 2010 (Cabinet SECAFI pour le CHSCT PE IdF en 2013, Cabinet Technologia en 2012 en Picardie, rapport CHSCT Aquitaine en avril 2014, etc.) soulignent ou constatent les risques d’ordre psycho-social liés à l’isolement professionnel.
Il existe des facteurs de risques spécifiques à la profession de psychologue à être affecté seul et de façon permanente en agence de proximité :
-  Déstabilisation et déqualification professionnelles
-  Risque de dilution du métier de psychologue et de perte d’identité professionnelle.
-  Impossibilité de délivrer l’intégralité de l’offre de service en Orientation de façon efficace et homogène ; perte de flexibilité dans l’organisation du travail que celle que permet le fonctionnement actuel en équipe.
-  Risque de perte d’autonomie, incompatible avec la délivrance du CEP et plus généralement, avec les missions d’un psychologue.
-  Risque que le psychologue isolé devienne le point de cristallisation de frustrations, dans un contexte par ailleurs difficile en agence (manque de bureaux, tensions liées à l’accueil des situations d’urgence, etc.).
-  Surcoût lié à la multiplication nécessaire des outils d’information et d’évaluation sur chaque agence (alors même qu’il est aujourd’hui toujours difficile d’avoir en EOS ce type de matériel).

. Afin d’aller dans le sens de la mise en œuvre du CEP au service des actifs demandeurs d’emploi, les personnels des EOS estiment nécessaire et indispensable d’en respecter l’esprit de la loi du 5 mars 2014 qui l’encadre : adhésion sur la base du volontariat, (à compléter)

Les incontournables pour délivrer les prestations d’orientation « spécialisées » à Pôle emploi :

Au niveau des conditions de travail :

. Bureaux fermés et insonorisés permettant de respecter la confidentialité des entretiens
. Armoires fermant à clé, permettant le stockage des dossiers bénéficiaires et du matériel de tests.
. Espace / salle de documentation équipée d’un PC, à disposition permanente des utilisateurs.
. Salle de travail collectif (tests, ateliers éventuels)

Au niveau des moyens humains et matériels :

. Personnel ATO, assurant un appui technique spécialisé lié aux activités d’orientation, permettant aux psychologues de se recentrer sur leur cœur de métier : recherche et actualisation de la documentation (doc métiers, formation, publics spécifiques…), recherche de places en formation, montage des dossiers de financement de formation, de rémunération en formation, d’aide à la mobilité, tâches administratives (création de dossiers, de programmation de RDV sur le SI, gestion du planning de l’équipe, classement…), animation de séance de tests.
. Apport des pairs sur le plan méthodologique, à visée d’harmonisation, de fluidité du service rendu.
. Instrumentation validée (tests psychotechniques, inventaires de personnalité, questionnaires d’intérêts, de valeurs), à faire évoluer selon les besoins, permettant aux psychologues d’avoir le choix des outils mobilisables en lien avec les problématiques rencontrées dans le conseil en orientation.
- management dédié et spécifique aux équipes d’orientation spécialisées, a minima départemental, voire régional.

Les EOS, comprenant les enjeux du déploiement du CEP en région, réaffirment leur souhait de travailler dans un souci de complémentarité et de coopération avec les collègues des agences, au service des demandeurs d’emploi. Nous sommes, de fait, déjà en ordre de marche sur ces questions, en assurant des permanences, régulières ou à la demande, dans la plupart des agences, en menant ici ou là des groupes de travail sur le champ de l’OTLV, en présentant ponctuellement et à la demande notre offre de service. Faudra-t-il monter en charge sur ces thématiques ?
Nous pourrions l’envisager, mais les conditions énumérées ci-dessus devront être réunies pour garantir l’exigence d’un service de qualité.

« On comprend (…) à quel point la santé se dégrade en milieu de travail lorsqu’un collectif professionnel devient une collection d’individus exposés isolément, résultat maintenant bien acquis en clinique de l’activité. En effet, un collectif professionnel est une ressource potentielle pour le sujet qui travaille, car il offre des possibilités d’engagement de soi dans l’activité de travail. A l’inverse, la mise en défaut de ce collectif professionnel peut se retourner en contraintes délétères pour le sujet. »
Yves CLOT, professeur en psychologie du Travail au CNAM de Paris, et Sandrine CAROLY, Maître de conférences en ergonomie à l’Université de Grenoble.

Nb : ceci est une réflexion qui demande à être complétée lors d’une séance de travail supplémentaire.

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