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Défendre notre identité professionnelle

mardi 11 octobre 2011

Au moment du transfert, les élus CHSCT de l’AFPA ont rencontré leurs homologues de Pôle Emploi pour qu’ils votent une expertise sur les conditions d’intégration du personnel AFPA en Midi-pyrénées. Cette demande avait pour but principal de faire des propositions qui garantissent nos missions dans le cadre de conditions de travail acceptables :

Par exemple, le cabinet Ergotec propose la mise en place d’un groupe projet « Intégration » dans une démarche de co-construction et de consultation des personnels concernés. (Consultez le rapport)
A Pôle Emploi, ceci est un langage bien nouveau, : faire participer des troufions à l’élaboration de leurs missions n’est pas dans les usages.

Les collègues de l’AFPA sont psychologues du travail, Agent Techniques de l’Orientation, ingénieurs de formation (conception des outils et des méthodes d’orientation). Leurs métiers sont clairement identifiés. Et depuis longtemps. En arrivant à Pôle Emploi, ils veulent continuer à défendre leur identité professionnelle, leur déontologie. C’est LA condition entre toutes pour que les « missions » qui leur sont confiées soient accomplies dans le respect du public qu’ils reçoivent et dans celui de TOUS les agents de Pôle Emploi.
C’est à nous collectivement, équipes d’orientation de faire reconnaître comment elles travaillent et, avec l’appui des élus CHSCT, DP, CE, d’exiger de pouvoir exercer leurs « missions » dans de bonnes conditions et d’imposer la totalité du code de déontologie des psychologues.

Art.15 : « Le psychologue dispose sur le lieu de son exercice professionnel d’une installation convenable, de locaux adéquats pour permettre le respect du secret professionnel, et de moyens techniques suffisants en rapport avec la nature de ses actes professionnels et des personnes qui le consultent ».
Art.7 : « Le psychologue ne peut aliéner l’indépendance nécessaire à l’exercice de sa profession sous quelque forme que ce soit.
Dans toutes les circonstances où le psychologue estime ne pas pouvoir respecter ces principes, il est en droit de faire jouer la clause de conscience ».

[[Il est important de maintenir les collectifs de travail et la solidarité entre collègues
afin de mieux porter ces exigences.
Ceci n’a rien d’archaïque ! Ceci n’a rien à voir avec un corporatisme étroit, replié sur lui-même, à côté des réalités du moment.
Revendiquer la défense, et le développement des métiers de l’orientation tels qu’ils avaient pu se construire à l’AFPA, c’est revendiquer la défense de TOUS les métiers de Pôle Emploi !
Aujourd’hui ! Métiers de l’indemnisation, métiers de l’aide au placement, métiers de l’orientation, métiers des fonctions support, même combat, même lutte pour préserver une identité, une pratique professionnelles au service de l’usager privé d’emploi (et non du « client » qu’il est censé être devenu dans le langage immatériel du management contemporain) !
Ainsi, la confidentialité doit être défendue pour le demandeur d’emploi. Elle n’est pas une lubie, un caprice d’enfant gâté, réservé aux seuls psychologues venant de l’AFPA. Le demandeur d’emploi doit pouvoir s’adresser aux agents de l’indemnisation et du placement également en toute confiance, sans être entendu dans le bureau d’à côté, sans être l’objet d’une « gestion des flux » qui le déshumanise et ne lui reconnaît plus l’intimité à laquelle pourtant il a droit.
Dans les faits, la polyvalence imposée à marche forcée n’a pour effet que la déprofessionnalisation de tous. Elle ne sert jamais à améliorer la qualité du service rendu, elle la dégrade, peu à peu, à l’insu même des agents. Eux, qui n’étaient pas spécialement bons à rien, deviennent mauvais en tout.
Aussi, nous devons veiller à ce qu’aucune compétition ne vienne détruire les relations entre collègues. Quel que soit notre établissement d’origine, ANPE, ASSEDIC, AFPA, désormais, nous sommes tou(te)s embarqué(s) sur la même galère.
La lutte des uns est complémentaire de celle des autres.
La solidarité, l’élaboration commune des revendications, l’unité d’action sont les seuls ressorts qui nous permettront de préserver nos conditions de travail et la qualité du service rendu aux usagers.
Mais au-delà de la défense des métiers de Pôle Emploi, il nous faut revendiquer la mise en place d’un véritable Service Public de l’Emploi ! Il nous faut soutenir, par la mobilisation, celles et ceux qui se battent en interne de l’institution Pôle Emploi pour ce Service Public, un Service Public pour l’usager demandeur d’emploi (et non cet hypothétique client. consommateur de prestations), celles et ceux qui résistent et s’opposent à son démantèlement ou à son affaiblissement.
Aucune réelle égalité de traitement n’est possible sans un service public évolutif, de qualité et de proximité. Quel que soit le niveau territorial dont il relève, là où il se trouve, le Service Public de l’Emploi doit permettre à tou-te-s un plein accès au service rendu, dans le respect des principes qui le fondent : égalité, continuité, capacité d’évolution dans le service rendu, solidarité.

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