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Conditions d’exercice : les psychologues du collectif d’Occitanie interpellent leur Directeur régional

lundi 22 octobre 2018

Collectif des psychologues du travail Toulouse, le 3 octobre 2018
Pôle emploi, Occitanie

Mr Serge LEMAITRE,
Directeur régional
Pôle Emploi, Occitanie

Monsieur le Directeur Régional,

Nous voudrions vous faire part de certains constats qui mettent à mal l’exercice du métier de Psychologue au sein notre Etablissement en Occitanie.
Notre propos concerne quatre points :
1. Les conditions pour créer, maintenir et restaurer l’alliance de travail avec les demandeurs d’emploi reçus, ce qui représente pour nous une condition incontournable pour la réussite de l’accompagnement CEP.
2. L’accompagnement à l’intégration de nouveaux psychologues.
3. La mise en œuvre de la veille professionnelle qui nous permet de rester performants sur un plan professionnel.
4. L’instrumentation en outils variés et suffisants et la formation à leur utilisation, pour délivrer notre offre de service aux publics qui nous sont adressés.

1. Conditions de travail :
Des bureaux insonorisés pour la confidentialité des entretiens.
De nombreux-ses demandeurs d’emploi se plaignent fréquemment, du fait d’une insonorisation insuffisante des bureaux. – « On entend tout, à côté… »… Etc. Cela ne permet pas à ces personnes de mettre en mots leurs vécus : qui d’une perte d’emploi encore très douloureuse, qui d’un burnout dont les effets perdurent…
Différent-e-s collègues conseiller-e-s nous interpellent parfois sur le déroulement et sur le contenu de nos entretiens – « Je trouve que c’était dur… », « Je ne savais pas qu’elle ou il avait cette maladie… », « Elle ou il n’a pas arrêté de pleurer… », Etc.
L’absence de confidentialité rend compliqué l’exercice de notre métier. Or les collègues nous orientent des personnes de plus en plus en grande difficulté psychique. Il nous est difficile et nous nous sentons très mal à l’aise pour co-construire un projet professionnel, un plan d’action et, par conséquent, une alliance de travail contribuant à faire avancer ces personnes sur le chemin du retour à l’emploi.
Nous demandons des bureaux fermés et insonorisés, pour tous les psychologues de la région, que ces bureaux soient situés à l’écart des lieux de passage, pour réunir les conditions permettant de rendre un service optimal aux demandeurs d’emploi.

2. Accompagnement à l’intégration des nouveaux psychologues :
Parrainage, immersion, formation
Suite au recrutement de nouveaux psychologues dont nous nous félicitons, beaucoup se retrouvent professionnellement isolés en agence, sans qu’un accompagnement structuré à la prise de fonction ait été prévu régionalement et décliné par territoires.
Nous sommes alertés par celles et ceux qui ont eu leurs formations annulées, reportées et se trouvent, de ce fait, démunis pour délivrer l’offre de service du psychologue.
Nous constatons que des modalités d’accompagnement ont été mises en place, sur proposition des psychologues expérimentés et des nouveaux arrivants. Nous proposons que, en parallèle du processus de formation, soient prévus des périodes d’immersion, du tutorat organisé, une diffusion des tests et des formations spécifiques à l’usage de ces outils…
Nous demandons qu’un plan d’accompagnement à l’intégration de ces psychologues soit organisé et mis en œuvre.

3. Veille professionnelle :
Un budget et une organisation
En attendant la nouvelle Note Nationale sur la Veille professionnelle du psychologue, celle en vigueur (Note du 17 octobre 2011) pose le principe d’une ligne budgétaire prenant en charge certaines activités : participation à des colloques, des journées d’études, des réunions de travail avec des collègues, des rencontres avec des partenaires (organismes de formation, entreprises…) et les frais y afférant.
Dans certaines régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, IDF, Nouvelle Aquitaine…), sous l’impulsion et le portage technique du Correspondant Régional de l’Orientation et/ou de l’Animateur Fonctionnel Régional Métier de Psychologues, cette veille est structurée, organisée, avec une ligne budgétaire dédiée, alors qu’en Occitanie, plusieurs psychologues se sont vus refuser des temps de veille individuelle ou collective ; d’autres se sont vus refuser la prise en charge du coût de leur veille. Nous donnons pour exemple la journée d’étude sur la psychodynamique du travail, journée introduite par Madame Le Guevel, médecin du travail de Pôle emploi en Haute-Garonne, dont le coût s’élevait à 20€.
Nous vous demandons de faire respecter la Note sur la Veille Professionnelle en vigueur, parce que cela permet le maintien et le développement de nos connaissances et nos compétences, pour un meilleur service rendu aux demandeurs d’emploi conformément à l’accord d’adaptation.

4. Instrumentation :
Des tests, assortis de formation à leur utilisation
Concernant l’instrumentation des psychologues (récent achat de tests), nous déplorons que chaque agence ne soit pas dotée de l’ensemble des tests que la région a décidé d’acheter. La solution qui consiste à faire des photocopies est un acte illégal et nous ne pouvons le cautionner.
Par souci d’équité, nous demandons que chaque psychologue soit doté de l’ensemble des tests que l’Etablissement a choisi d’acheter, et que les nouveaux psychologues soient dotés de la même manière, dès leur arrivée.
Il va de soi qu’une formation et/ou un temps d’appropriation doivent être mis en place avant l’utilisation effective de ces outils.

Nous savons pouvoir compter sur votre compréhension pour répondre favorablement à nos demandes. Tout comme vous, c’est l’atteinte des objectifs de notre institution que nous poursuivons, mais avec de meilleures conditions de réussite.

Avec nos respectueuses salutations

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