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Comment évaluer les pratiques d’orientation ?

mercredi 14 août 2013

Introduction

Elaborer un dispositif d’évaluation suppose qu’un certain nombre de conditions soient réunies et que l’on puisse répondre à quelques questions simples et en premier lieu les suivantes : quel est l’objet de l’évaluation ? Au regard de quelle(s) référence(s) ? va-t-on évaluer ? Dès que l’on aborde la problématique de l’orientation professionnelle, sa définition même donne lieu à débat. De quoi parle t-on ?
Pourtant, on l’évoque régulièrement et pas toujours de manière positive : « L’échec de l’orientation », « Une erreur d’orientation », « A été mal orienté » jusqu’à ‘ « Pas à sa place » ou « Une erreur de casting » pour faire plus « air du temps ». Et les généralisations vont plus loin : si les jeunes ne s’intéressent pas aux secteurs en tension, c’est que l’orientation fonctionne mal, et si les étudiants se précipitent en première année d’Université avec le taux d’abandon que l’on connaît, c’est qu’il faut améliorer l’information (donc de facto l’orientation). Au-delà de la polémique, le raccourci est rapide entre l’observation de données statistiques fondées et l’attribution de responsabilité d’abord à l’orientation (désignée quasiment en tant qu’entité) mais surtout aux professionnels dont c’est l’activité. Ces dysfonctionnements seraient générés par des pratiques d’orientation inefficaces et des professionnels mal informés de la réalité du monde économique. Quel que soit leur structure d’appartenance et le public qu’ils accueillent, les professionnels peuvent avoir le sentiment que cela est infondé voire injuste. C’est que la notion même d’orientation est polysémique et que chacun y met un peu ce qu’il veut.
Pour certains, elle renvoie à la question du choix (filière, métier…). Elle est donc observable (donc évaluable) au regard de ce choix circonstanciel. Il y aurait des bons choix (et donc de mauvais choix). C’est que l’orientation s’est construite progressivement autour de conceptions radicalement différentes du choix. A ses origines, la mesure de l’expert (testing) est le déterminant essentiel de la décision. Des outils de diagnostic donnent des bases scientifiques aux préconisations (voire prescriptions). Si ces conceptions paraissent d’un autre âge, elles sont régulièrement réactivées dans les débats sur l’orientation. C’est que les pratiques actuelles, plutôt
influencées par des approches développementales et éducatives, ne se sont pas affranchies de conceptions normatives. Le texte de 1991 sur le bilan de compétences en est l’illustration (référence aux « outils fiables et validés »). Cela renvoie donc à des problématiques de posture professionnelle pas toujours clarifiées où l’articulation expertise / accompagnement est souvent imprécise et les méthodologies plus invoqués qu’explicitées....

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