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Collectif national des Psychologues du travail de Pôle-Emploi

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Enjeux autour de la classification : positionnement des psychologues du travail

jeudi 22 mai 2014

Bonjour , avec 4 collègues IDF suite au collectif national nous avons travaillé à un argumentaire autour du double positionnement des psychos . Vous le trouverez ci joint. Merci de votre lecture , vos commentaires et d’en assurer la diffusion auprès du collectif. Ce document à été remis à la CGT, ainsi qu’au Snu cadre IDF. Nous souhaiterions qu’il soit diffusé le plus largement possible aux OS, afin de les sensibiliser aux risques liés au modifications de la classification . Restant à votre disposition. Mjo

Enjeux autour de la classification : positionnement des psychologues du travail

Les négociations sur la classification font craindre que les futurs psychologues du travail aient un statut et un positionnement différent de ceux exerçant déjà ; à savoir un échelon moindre et la perte du statut cadre.
L’effectif restreint de ce corps professionnel (- de 1% des salariés) n’en fait pas une priorité et ces modifications pourraient sembler de moindre importance que d’autres aspects développées lors des négociations.
Mais, suite aux réflexions menées au cours de réunions, de collectifs orientation, à l’issue de consultations juridiques, ainsi que d’échanges avec certains représentants syndicaux,
Il est apparu les éléments suivants :
L’accord du 18 juin 2010 relatif à l’intégration des psychologues du travail dans la CCN encadre les personnels de l’AFPA et paraît les « protéger » quant à leur repositionnement « automatique » dans le statut cadre.
Il semblerait que le recrutement de futurs nouveaux psychologues soit, lui, prévu à un coefficient ne garantissant pas l’obtention de ce statut.
Si cette information se révélait exacte, la conséquence en serait la création de deux statuts différents pour un même corps professionnel, alors que l’exercice d’un même métier comportant les mêmes activités, et donc le recrutement de nouveaux psychologues du travail, implique pour tous l’obligation de posséder le titre protégé (bac+5).

Juridiquement, positionner les psychologues sur deux statuts différents nous paraît induire une « inégalité de traitement de salariés exerçant une même fonction ». Ceci nous semble d’autant plus injustifiable que les psychologues non issus de l’AFPA et récemment recrutés, semblent avoir de fait été positionnés sur l’actuel coefficient 300. Par conséquent, rien ne justifie que ceux qui intégreraient la fonction à l’issue de la négociation ne le soient pas suivant les mêmes critères.
En signant l’accord du 18 juin 2010, Pôle Emploi accordait aux psychologues une place institutionnelle justifiant leur position de cadre. Un changement de classification ne change en rien cette réalité professionnelle : en effet, reconnaître le statut cadre implique de reconnaître les responsabilités qui y sont attachées (cf. code de déontologie), la complexité et la diversité des activités de conception, d’intervention, et la part d’autonomie et d’initiative nécessaires à leur exercice.
Le métier de psychologue existe à Pôle Emploi, dans toute sa complexité. C’est à Pôle Emploi de proposer un cadre de travail qui permette à ses ressources humaines de déployer l’ensemble de leurs compétences. Le personnel ne peut être tenu responsable de la sous-utilisation de ces dernières par son employeur, ni en être pénalisé.

Politiquement, et face à la mise en œuvre des SPRO, Pôle Emploi affiche auprès des instances politiques (Régions, etc... ) la volonté d’être associé au champ de l’orientation professionnelle :
- l’institution sait quand elle en a besoin, convoquer l’expertise d’une orientation spécialisée représentée par ses psychologues du travail. Or, partout le statut cadre sanctionne aussi l’expertise et la qualification.
- au sein des services publics, les employeurs reconnaissent le statut de cadre de leurs psychologues : catégorie A pour la fonction publique hospitalière, territoriale, la justice.
PE, aujourd’hui plus gros employeur de psychologues du travail, ferait donc figure d’exception ?

Institutionnellement,
Porter le combat pour un positionnement juste des psychologues en défendant le seul métier qui à PE bénéficie d’un encadrement technique et juridique, revient aussi à défendre le métier de conseiller en considérant que l’accompagnement nécessite professionnalisation et reconnaissance, via un titre professionnel par exemple (CIP…). Cela revient à soutenir la position que chaque métier requiert d’acquérir, maintenir et développer des compétences propres, garantissant la meilleure qualité de service possible pour l’usager.
Enfin, en qualité d’institution de Service Public de l’Emploi recevant un public fortement touché dans son identité professionnelle, PE devrait être capable de penser le travail et sa place.

En matière de gestion des Ressources Humaines,
Garantir le statut du psychologue du travail peut constituer, pour des conseillers, (et éventuellement d’autres catégories de personnels), une évolution de carrière possible et intéressante, donc à préserver. C’est aussi penser les évolutions professionnelles possibles autrement que verticalement, mais aussi de façon transverse.
Il est également à noter que des recrutements de psychologues à l’externe ont déjà eu lieu dans certaines régions. La perspective de perdre son statut cadre en venant travailler à Pôle Emploi pourrait limiter l’attractivité de l’institution qui se priverait là de profils et de compétences riches.
Créer deux statuts -un groupe fermé de cadres et un autre qui ne le seraient pas- aurait pour effet de diviser le corps professionnel et d’affaiblir le collectif de travail, seul espace où peut encore se penser le métier aujourd’hui.
Créer pour la même catégorie de personnel, 2 statuts distincts risque d’accroître les RPS. Au regard du positionnement en classification inférieure, les plus anciens verraient le statut se dégrader et les nouveaux embauchés, se sentiraient déconsidérés. L’institution viendrait par là même remettre en question la reconnaissance attribuée à ses personnels. Cet aspect ajouterait à la perte de sens (comme pour nombre d’autres acteurs de PE d’ailleurs) déjà identifiée lors des expertises menées à la demande des CHSCT.

Pour conclure,
Si malgré nos arguments, un groupe de psychologues doté d’un statut comportant une période probatoire avec évolution vers un statut cadre, devait voir le jour, nous ne pouvons que nous inquiéter des possibilités et conditions de leur évolution.
En effet, à la lumière des 4 dernières années, nous nous interrogeons fortement sur l’accompagnement qui serait proposé pour accompagner les personnels et permettre leur évolution
Quelques exemples pour mémoire :
-  les combats incessants qu’il nous a fallu mener pour faire en sorte que PE respecte ses engagements signés via l’accord de 2010 (une veille professionnelle, des bureaux respectant la confidentialité,…).
-  la disparition progressive du métier d’ATO, la disparation des actes techniques psychos dans le système informatique, les refus de DIF en lien avec la spécificité du métier…
Alors, selon quelles règles et selon quels critères se feraient le passage d’un statut à l’autre pour les futurs psychologues ? Qui assurerait l’évaluation et qui autoriserait cette montée « en grade » ?
Nos N+1 n’ont aucune légitimité technique pour le faire, (le seul critère d’évaluation de l’activité étant quantitatif ; cf. : attribution des primes).

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