Pôle
Psycho
Collectif national des Psychologues du travail de Pôle-Emploi

Accueil > Expressions syndicales, politiques... sur le travail, l’emploi, (...) > Quelques archives > EchangEOnS > Compte rendu du carrefour national de l’orientation des 20 et 21 juin (...)

Compte rendu du carrefour national de l’orientation des 20 et 21 juin 2013

mercredi 2 octobre 2013

réalisé par Sylvie R. en vue de la réunion du 27/06/2012 pour A-S F

.

Étaient représentées les régions suivantes :

Alsace / Aquitaine / Poitou-Charente / PACA / Midi-Pyrénées / Nord-Pas-de-Calais Bretagne / Champagne Ardennes / Limousin / Rhône-Alpes / IDF

25 psycho et aucun ATO

l’état des lieux montre des disparités importantes en fonction des régions sur le plan :

de la confidentialité des espaces de travail dans lesquels les psycho réalisent leurs entretiens
l’usage des bureaux fermés (sans coursive) et dédiés est loin d’être un acquis pour tous :

dans certaines régions les collègues utilisent les bureaux qui leur sont « gracieusement prêtés » par leurs collègues conseillers ;
dans d’autres les psycho « tournent » dans quelques bureaux fermés (voire la salle de réunion), refusant d’accueillir le public dans les box qui leur ont été attribués ;
il en a même existé en « marguerite » ;
dans presque tous les cas, même quand les espaces d’entretien possèdent portes et cloisons, l’insonorisation est largement insuffisante, ne permettant pas une réelle confidentialité des entretiens qui s’y déroulent.

Pour accéder au respect de notre déontologie des collègues doivent parfois aller jusque des actions en référé avec recours à des avocats qu’ils financent eux mêmes !

De l’accès aux formations, DIF notamment
En IDF et Midi-Py par exemple, toutes les formations demandées en lien avec notre activité de psychologue pour le maintien et/ou le développement des compétences (souffrance psychique des publics en situation de précarité, addictologie, analyse de pratique professionnelle à titre d’exemple) sont systématiquement refusées. D’autres, sans aucun rapport, sont accordées (création de sites internet...)

De l’activité

. certaines équipes psycho subissent une pression importante pour participer à l’accueil commun au sein des A2S en dépit d’avis défavorables rendus par l’inspection du travail
Certaines équipes sont même soumises à GOA !

. les veilles techniques collectives sont plus ou moins organisées (sous forme d’échanges de pratiques par exemple) ou animées en fonction du niveau d’engagement du CRO et de la marge de manœuvre que lui laisse son DR. Pour certaines équipes, des réunions de travail sont même parfois difficiles à mettre en œuvre sur des temps d’ouverture au public (le DAPE exigeant de l’EOS de ne programmer des temps de veille que sur les demi-journées de fermeture institutionnelle). Certaines EOS ont dû faire appel aux DP pour que la note sur la veille professionnelle puisse être appliquée. Des départements n’ont eu droit à aucune réunion technique depuis 3 ans !

. l’affectation des ATO à des tâches d’appui administratif à l’ensemble des équipes des A2S, avec moins de temps consacré aux activités d’appui aux psychologues sur le champs de l’orientation (veille sur Aude par exemple pour la recherche de places en formation, animation d’ateliers et de sessions de tests...).
Dans certains services, la fonction ATO a totalement disparu, et les collègues ont été réaffectées à d’autres activités dans d’autres lieux.
En Idf, le DR a clairement affirmé que l’appui ATO relevait d’un luxe dont chacun (les conseillers bien sûr) aimerait pouvoir bénéficier pour se décharger des tâches administratives, renvoyant la fonction ATO à cette unique dimension.

.Globalement, dans la plupart des régions, l’activité principale reste le CPF ; mais la nouvelle Offre de Service commence néanmoins à se déployer avec les prestations CPP, Rebond et Regard Croisé : certaines équipes craignent que leur effectif restreint ne leur permette pas la réalisation l’ensemble des prestations.

Les disparités régionales sont importantes mais l’on constate également que le management local influe considérablement sur l’organisation du travail, l’autonomie dont disposent les psychologues dans l’organisation et la planification de leur activité : souplesse pour certaines équipes laissant au psychologue la possibilité d’adapter sa prestation au besoin exprimé par le demandeur et à sa problématique d’insertion ; dans d’autres cas, les marges de liberté sont tellement insignifiantes que que la nécessité de devoir se battre en permanence pour travailler génère fatigue et usure contribuant notamment à l’émergence de risques psychosociaux graves et avérés, déjà dénoncés à l’occasion de plusieurs expertises. Des collègues évoquent les arrêts maladie nombreux et parfois de longue durée, ainsi que les agressions et accidents du travail directement liés aux conditions d’exercice.

Les liens hiérarchiques sont différents d’un département à l’autre : certains dépendent d’un REP, d’autres directement du DAPE. Le rattachement à des A2S n’est pas généralisé. D’importantes variations existent dans le management des différentes DT.

L’ACTIVITE – LES CONDITIONS D’EXERCICE

Un peu plus de trois ans après le transfert, la plupart des participants se demandent ce que signifie pour l’Institution « être psycho à Pôle-emploi » et évoquent

à minima un manque de reconnaissance institutionnelle, un sentiment d’appauvrissement des compétences et la crainte de rendre un service d’une qualité moindre, mais parfois aussi l’ennui, la difficulté à continuer à penser, le sentiment de nivellement, d’uniformisation. C’est particulièrement criant dans les équipes cantonnées à la mono-activité CPF.

La diversification des prestations proposées via la nouvelle offre de service risque de ne rien y changer si elle n’est pas accompagnée d’une instrumentation riche et actualisée, d’un renouvellement régulier des connaissances sur les métiers, les secteurs, de la possibilité d’établir des partenariats, d’échanger sur nos pratiques et notre activité, et plus globalement de maintenir et développer nos compétences.

l’absence de reconnaissance de notre métier et de ses spécificités à tous les niveaux de l’institution, ce qui pose la question de la place du psychologue à Pôle Emploi dans le contexte de la mise en œuvre des SPO et du SPOR
Depuis le transfert, le combat que nous menons pour essayer d’exercer notre métier à PE et à y défendre notre place légitime dans l’orientation des adultes est perçu comme un refus d’intégration.

Le risque de formatage de l’activité

Si la demande des conseillers n’est pas toujours en adéquation avec le cahier des charges de la prestation prescrite (CPP, CPF), la plus valu du travail réalisé au cours de la prestation est en revanche généralement reconnue par les conseillers (par rapport à celui réalisé par des prestataires extérieurs), même si celle-ci ne débouche pas sur des résultats concrets (de formation par exemple).
Le cadre ne doit pas nous empêcher de conserver une souplesse de fonctionnement dans la délivrance de la prestation, afin de coller au plus près aux besoins et à la problématique de la personne.

D’où les risques inhérents aux conséquences de l’enquête budget-temps organisée par la DG :
Des auditeurs ont pu assister au déroulement de prestations d’orientation délivrées sur une journée en région PACA. Face à l’injonction et à la pression, tous les psycho n’ont en effet pas pu refuser : les actes techniques (quelques entretiens CPF, testing,...) ont été chronométrés. Ils risquent dorénavant de servir d’étalonnage pour calibrer les prestations réalisées par l’ensemble des psychologues PE de France.

LES RELATIONS AVEC L’AFPA

Bénéficier d’une facilité à faire accéder les candidats à une formation AFPA est pour le moins ambigu compte tenu des motifs qui ont officiellement présidé au transfert des psychologues à PE.

L’INSTRUMENTATION

Outre leur pauvreté, les outils dont disposent les psychologues ne présentent aucune validité, qu’il s’agisse des tests à visée de positionnement en formation (standards afpa ou anciennes batteries) ou de ceux préconisés par le GMO. Malgré ce qu’affiche publiquement le Département Orientation-Formation, il ne s’agit en réalité que de « bricolage » (nous avons d’ailleurs souvent le sentiment de bricoler) ce qui nous met en infraction par rapport aux exigences du code de déontologie qui régit notre profession.
Pour être clair, il ne nous semble pas y avoir de pilotage de l’ingénierie digne de ce nom ni pour les prestations ni pour l’instrumentation.
Une véritable ingénierie est indispensable pour nous permettre d’exercer notre métier dans de bonnes conditions, respectueuses des usagers avec lesquels nous travaillons. La question d’un Etablissement régional / national de l’Orientation se pose à nous.

LA QUESTION RH

Les recrutements de psychologues annoncés sur l’ensemble du territoire nous paraissent insuffisants pour nous permettre d’’assurer l’offre de service en orientation qui nous a été présentée dans chaque région : Il s’agit d’un retour aux effectifs de 2010 et non de la création de nouveaux postes, alors même que notre mission à Pôle Emploi est différente de celle qu’elle était à l’afpa. Se pose également la question de l’inégalité de la répartition sur le territoire (taille des équipes).

En parallèle à ces recrutements, on a le sentiment qu’une dissolution des collectifs de travail EOS est à l’œuvre : tentatives de rattachement de psychos à des équipes CVE, CSP, MRS en Aquitaine, tentatives de scinder en deux des collectifs existants de 8 psychos avec rattachement à deux établissements différents (en IDF), perte de l’appui des ATO,...
Dans ces conditions, il paraît difficile de répondre à l’ensemble de l’offre de service sans recourir à la sous-traitance.

La reconnaissance des compétences développées avant le transfert fait aussi souvent l’objet de discussions, notre expertise en orientation des adultes n’étant toujours pas reconnue par l’institution. Certains collègues vivent mal de devoir réaliser une formation pour pouvoir animer la prestation CPP alors qu’ils ont une pratique longue du BDC (par exemple). Idem en ce qui concerne l’accès à des postes de formateur occasionnel...
Les EPA : de quelle légitimité dispose le DAPE pour évaluer l’activité des psychologues ?

Les augmentations de salaire : il semble que peu -voire aucun ?- de psycho aient bénéficié d’une augmentation de salaire au titre de l’article 19 de la CCN.

Répondre à cet article

| | Plan du site | mention légale | Suivre la vie du site RSS 2.0 SPIP