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“Rapport Iborra” : le volet consacré à la formation des demandeurs d’emploi

samedi 13 juillet 2013

"Un service rendu aux demandeurs d’emploi insuffisant en offre de formation"

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Michel Abhervé » Blog Archive » "Rapport Iborra" : le volet consacré à la formation des demandeurs d’emploi

Dans ce troisième article consacré au “rapport Iborra” (voir "Le “rapport Iborra enterre les Maisons de l’Emploi et propose un double système en concurrence sur les territoires" et "Le RSA dans le “rapport Iborra” : un diagnostic pertinent, une solution de gestion régionale inadaptée" ), comme nous l’avions annoncé, nous allons nous attacher au volet consacré à la formation des demandeurs d’emploi

Le constat est assez simple et peut se résumer dans ce titre “Un service rendu au demandeur d’emploi insuffisant en matière d’offre de formation”

Il se complète par des données sur la déperdition entre les demandes et les concrétisations “si la formation est évoquée dans 44 % des entretiens, seuls 16 % des demandeurs d’emploi se voient prescrire une formation et 7 % entrent effectivement en formation six mois après. Les demandes de formation de la part du demandeur d’emploi et de la part du conseiller du service public de l’emploi n’aboutissent pas toujours à l’entrée effective dans une session de formation : le taux de succès est évalué à 26 % pour une demande émanant du demandeur d’emploi et à 48 % dans le cas d’une proposition par le conseiller”

Plus d’une proposition de formation faite par le conseiller, donc à priori adaptée au projet de la personne et jugée raisonnable, n’aboutit pas pour autant à une entrée en formation

Une des causes (mais pas la seule !) est bien mise en évidence et liée au fait que l’intégrétion fonctionelle des “ex-psychos de l’AFPA” ne s’est toujours pas faite. Sans revenir sur les conditions de ce transfert dont il était évident qu’elles ne créaient pas les conditions d’une bonne intégration (voir Quand c’est difficile à deux, ajoutons un troisième et Le transfert des psychos de l’AFPA a réduit de moitié le nombre des prestations d’orientation), ni sur les différences de culture (voir Histoire de portes à Pôle emploi : le psychologue et la confidentialité), nous en sommes encore quatre ans et demi après ce transfert dans une situation où la rapporteure doit proposer de “resserrer les liens et les coopérations directes entre les conseillers de Pôle emploi et leurs collègues psychologues issus de l’AFPA“

Si comme sur de nombreux points de ce rapport, le diagnostic est pertinent, ici aussi les propostions sont faibles : en matière d’achat de formation, la proposition est simple, et rejoint d’ailleurs le contenu du projet de loi de décentralisation “promouvoir la région comme acheteur unique de formation “

Là où la proposition pêche, c’est qu’elle ne propose rien de concret pour dépasser la difficulté bien cernée qui fait “ l’achat de formation se fait aujourd’hui par le biais de la procédure des marchés publics. Si une telle procédure offre certains avantages, elle présente aussi des inconvénients, notamment en termes de lourdeur et d’insuffisante adaptation tant aux besoins des demandeurs d’emploi qu’aux évolutions de l’économie et du marché du travail”

On aurait aimé que ce rapport ne se contente pas d’un voeu pieux pour avancer dans ce dossier stratégique en énonçant “ votre Rapporteure invite à réfléchir à la mise en place d’autres formes d’achat de formations que par le biais des marchés publics”, mais esquisse quelques pistes permettant de desserrer les contraintes que l’obligation d’appliquer le code des marchés publics à l’achat de formation impose aux régions, induisant “lourdeur et insuffisante adaptation tant aux besoins des demandeurs d’emploi qu’aux évolutions de l’économie et du marché du travail“

La rapporteure n’est sans doute pas la mieux placée pour cela, la région Midi Pyrénées, où elle exerça la vice-présidente en charge de la formation professionnelle, étant celle qui a étendu le champ de l’application du champ des marches publics à des prestations d’accompagnement, ce que le loi n’imposait pas, comme nous l’avons rapporté (voir les réactions des syndicats des Missions locales dans Florilège des premières réactions au “Rapport Iborra”)

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