Accueil > Expressions syndicales, politiques... sur le travail, l’emploi, (...) > La classification pour les nuls

La classification pour les nuls

dimanche 1er juin 2014

Une classification qui ne reconnaîtra certainement pas les expertises métiers : l’exemple des psychologues du travail.

Tous les emplois sont bien sûr concernés. Les métiers du conseil, de l’indemnisation, des fonctions supports, etc. existent aujourd’hui dans un « référentiel emplois ». Ce dernier restreint le nombre de filières, limitant ainsi la prise en compte de la spécificité propre à chaque métier ou profession, de leur niveau de compétences ou de qualification (faisant par la même l’aveu de cette non reconnaissance).

L’exemple des psychologues du travail est à ce titre assez parlant dans la façon dont la DG considère cette profession, et de façon générale les métiers ou emplois d’expertise.

Sans entrer dans le détail de cette considération (Cf. prochain numéro de « Modes d’Emplois »), la question de la classification dans la future grille est bien entendu pour le SNU un sujet de préoccupation pour toutes ces professions. Elle se pose notamment ainsi pour les psychologues :

Dans la négociation, la DG s’est engagée à ne pas toucher aux acquis des salarié-es. Attention, elle ne parle que des personnes et non des emplois...
Les psychologues du travail transféré-es de l’afpa et les rares personnes recrutées depuis, sont positionnées sur le statut Cadre au coefficient 300 base a minima (lorsque les RH respectent la CCN, car nous voyons apparaître çà et là des pratiques de plus en plus contrevenantes sur bon nombre d’emplois ; un autre sujet de lutte dont nous nous saisissons).
Les critères de repositionnement des emplois dans les 9 niveaux de la nouvelle grille de classification tels qu’ils sont précisés aujourd’hui nous interrogent fortement sur la future place des emplois, de leurs possibilités d’évolution, de promotion, de déroulement de carrière, de passerelles, de statut, de salaire, etc. Pour l’emploi de psychologue, la transposition dans la nouvelle grille va - comme pour tous les emplois - s’opérer selon ces critères de repositionnement. Or, pour la DG, ce qui définit le statut de « Cadre » n’est apparemment pas en lien avec l’expertise professionnelle, mais principalement avec des responsabilités managériales.
Il existe donc un véritable risque que cette profession (« emploi » pour le référentiel emplois) ne soit plus positionnée sur le statut cadre. Ce qui serait une première comparativement aux grilles de classifications existantes dans les entreprises publiques ou privées.

Ce qui se traduit ainsi pour tous : devenir cadre, c’est (quasi) obligatoirement devenir manager ou manageuse.

Pourtant, bon nombre de CCN et de grilles de classifications de grands établissements publics ou privés envisagent les choses tout à fait autrement. Les filières métiers sont en général plus nombreuses et il existe une véritable reconnaissance des professions dans ces filières via les niveaux de classification. Ainsi, il existe par exemple des agent-es de maîtrise et des cadres non hiérarchiques. Ils sont aussi, cadres fonctionnels, cadres techniques,etc.

Le SNU revendique donc la réécriture des critères de repositionnement dans les niveaux de la grille de classification afin :

de reconnaître le niveau d’expertise de certaines professions par un statut pertinent, notamment celui de cadre.
de permettre à des personnes de développer leur expertise métier tout en progressant dans les catégories socio-professionnelles sans pour autant avoir à envisager une carrière dans le management
de permettre pour toutes et tous de vraies possibilités d’évolutions et de promotions.

Cette réécriture doit impérativement offrir la possibilité aux métiers d’expertise, ou aux agent-es évoluant dans le niveau d’expertise, d’accéder aux catégories socio-professionnelles supérieures.

Répondre à cet article

| | Plan du site | mention légale | Suivre la vie du site RSS 2.0 SPIP