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Articles de presse suite courrier du collectif au Directeur général

samedi 11 juillet 2015

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Articles de presse suites lettre DG du 15/06/2015

► Alternatives économiques
► AEF
► Centre Inffo

Michel Abhervé
pour Alternatives Economiques

La mise en œuvre du Conseil en Evolution Professionnel à Pôle emploi nie les compétences des “ex-psychos de l’AFPA”
Pôle emploi fait partie des cinq réseaux reconnus par la loi pour assurer la fonction de Conseil en Évolution Professionnelle, créée par l’Accord National Interprofessionnel du 14 décembre 2013.

On pouvait penser que cette opportunité serait utilisée pour redonner aux “ex-psychos de l’AFPA” qui depuis leur transfert à Pôle emploi n’ont pas vraiment trouvé leur place dans cette institution une mission en phase avec leurs compétences en matière de psychologie et d’orientation professionnelle (voir Quand c’est difficile à deux, ajoutons un troisième, Le transfert des psychos de l’AFPA a réduit de moitié le nombre des prestations d’orientation, Histoire de portes à Pôle emploi : le psychologue et la confidentialité et Les “ex-psychos de l’AFPA” en grève le 17 juin faute de reconnaissance au sein de Pôle emploi)
C’est la stratégie totalement contraire qui a été choisie à travers le “suivi délégué interne”, conduisant les psychos à agir non en complémentarité avec les conseillers, en apportant leur expertise spécifique, mais à se transformer en conseillers lambda, devenant référent unique du demandeur d’emploi pour toutes les actions liées à Pôle emploi
Le Collectif national des Psychologues du travail de Pôle emploi dans une Lettre ouverte à Jean Bassères affirme “ pour un Psychologue à Pôle emploi, devenir référent CEP se traduit par devenir Conseiller, métier à part entière, préfigurant ainsi la disparition de celui de Psychologue à terme”
On a vraiment l ‘impression que malgré des déclarations plutôt ouvertes, le fond ne change pas : la logique d’industrialisation des parcours, et donc de la normalisation des pratiques continue à fonder l’action de Pôle emploi et à guider son organisation, au mépris de la nécessité d’une individualisation des pratiques dont la nécessité est pourtant très largement reconnue
On peut souhaiter que l’opportunité du Conseil en Évolution Professionnelle soit saisie pour répondre de façon appropriée aux personnes qui ont besoin de ce service, qui ne peut se réduire au suivi habituel des demandeurs d’emploi. Sans trop d’illusions !

AEF
Dépêche n°502889 - Politiques de l’emploi
« Dépêche reproduite avec l’aimable autorisation d’AEF, www.aef.info ».

Le collectif des psychologues de Pôle emploi alerte le DG Jean Bassères sur les conditions de mise en œuvre du CEP.
Par Morgane Gaillard

"Les modalités de mise en œuvre du CEP (conseil en évolution professionnelle) que vous avez prévues nous surprennent et nous inquiètent fortement", indique le collectif national des psychologues de Pôle emploi dans un courrier adressé à Jean Bassères, directeur général de l’opérateur, le 15 juin 2015. Le collectif s’inquiète du fait que "pour un psychologue à Pôle emploi, devenir référent CEP se traduit par devenir conseiller, métier à part entière" et redoute ainsi "la disparition [du métier] de psychologue à terme". S’ils se montrent très favorables au CEP, se disant "convaincus de l’utilité de ce processus d’appui à l’élaboration et à la concrétisation des projets personnels d’évolution professionnelle", les membres du collectif affirment leur ferme opposition à la mise en œuvre inappropriée du CEP telle qu’[envisagée] aujourd’hui".
Le CEP "constitue effectivement une opportunité – notamment pour nous, psychologues du travail – d’affirmer notre place et notre rôle en complémentarité de l’action de nos collègues conseillers", affirme le collectif national des psychologues de Pôle emploi dans un courrier envoyé à Jean Bassères, directeur général de l’opérateur, le 15 juin.
Le collectif se dit "convaincu de l’utilité de ce processus d’appui [à l’élaboration et à la concrétisation des projets personnels d’évolution professionnelle], des exigences de mise en œuvre précisées par son cahier des charges et de sa vocation à véritablement accompagner et sécuriser l’évolution professionnelle des actifs" et conscient de la "responsabilité conférée à Pôle emploi et à ses personnels". "Être à la hauteur des enjeux et de l’exigence qualitative définis par le cahier des charges ne peut se faire qu’en assurant aux psychologues du travail un réel développement de leur métier en complémentarité avec les activités de l’ensemble des conseillers et des conseillères", explique le collectif.

OPPOSITION FERME À "LA MISE EN OEUVRE INAPPROPRIÉE DU CEP"
"Les modalités de mise en œuvre du CEP que vous avez prévues nous surprennent et nous inquiètent fortement", indiquent les membres du collectif à Jean Bassères. Le collectif explique que le "cadre d’intervention [envisagé] – le ’suivi délégué interne’ – amènerait les psychologues à réaliser l’ensemble des activités des conseillers en devenant, par ce biais, référent unique du demandeur d’emploi pour toutes les actions liées à Pôle emploi, pour tous les actes métiers, se substituant ainsi au conseiller de suivi principal". "Pour un psychologue à Pôle emploi, devenir référent CEP se traduit par devenir conseiller, métier à part entière", insiste-t-il, s’inquiétant que cela "préfigure la disparition [du métier] de psychologue à terme".
Pour le collectif, ces modalités "ajoutent à la confusion entre les deux métiers et réduisent les possibilités d’un travail en commun qu’[il souhaite] pourtant élargir". "La complémentarité conseillers/psychologues qui est en construction nous semble pouvoir se poursuivre et se développer grâce à un appui spécialisé au processus de définition et de mise en œuvre du projet d’évolution professionnelle, répondant aux sollicitations des ’conseillers-référents CEP’ et donc aux besoins des demandeurs d’emploi", souligne le collectif. Ce dernier affirme donc sa "ferme opposition à la mise en œuvre inappropriée du CEP telle qu’[envisagée] aujourd’hui", tout en faisant part au directeur général de Pôle emploi de sa "détermination à réunir les conditions d’un travail de qualité et à éventuellement conduire toutes les actions nécessaires pour parvenir" à une mise en œuvre du dispositif.

Centre Inffo

Les psychologues du travail de Pôle emploi contestent les conditions de mise en œuvre du Conseil en évolution professionnelle
Mis en ligne le 29 juin 2015 par Nicolas Deguerry
Dans un courrier adressé le 15 juin à la direction générale de Pôle emploi, le collectif national des Psychologues du travail de l’opérateur s’inquiète de « leur place et devenir dans le cadre de la mise en œuvre du conseil en évolution professionnelle à Pôle emploi ».
Le collectif l’affirme en préambule, le nouveau droit créé par la loi du 5 mars 2014 que constitue le conseil en évolution professionnelle est une bonne chose. Et même, « une opportunité – notamment pour nous, psychologues du travail – d’affirmer notre place et notre rôle en complémentarité de l’action de nos collègues conseillers ». De fait, ce n’est pas tant le dispositif créé par la loi du 5 mars 2014 qui est en cause que, selon le collectif, les conditions de mise en œuvre retenues par Pôle emploi.
Des psychologues du travail qui entendent le rester
En ligne de mire du collectif, le « suivi délégué interne », procédure qui « amènerait les psychologues à réaliser l’ensemble des activités des conseillers en devenant, par ce biais, référent unique du demandeur d’emploi pour toutes les actions liées à Pôle emploi, pour tous les actes métiers, se substituant ainsi au conseiller de suivi principal. » De quoi susciter la crainte de voir, à terme, disparaître le métier de psychologue du travail à Pôle emploi, au profit du seul métier de conseiller référent CEP. Estimant par ailleurs qu’une confusion supplémentaire va ainsi être introduite entre les métiers de psychologue du travail et de conseiller, le collectif manifeste également son incompréhension du mécanisme technique de la délégation interne. Lequel prévoit qu’une telle délégation s’opère sur une durée déterminée de 4 mois renouvelable une fois pour le CEP, « en contradiction avec le droit qui ne spécifie en aucun cas une limite temporelle au CEP ».
Des propositions pour développer la complémentarité
Au-delà du rejet de l’actuel schéma de mise en œuvre, le collectif suggère de poursuivre la construction de la complémentarité entre psychologues du travail et conseillers. Ceci, par « un appui spécialisé au processus de définition et de mise en œuvre du projet d’évolution professionnelle répondant aux sollicitations des “conseillers-référent CEP” et donc aux besoins des demandeurs d’emplois. » Surtout, le collectif estime que cet appui « doit faire l’objet d’une décision partagée par le "conseiller-référent CEP" et le demandeur d’emploi afin de garantir la bonne articulation entre le travail en cours et l’expertise complémentaire ». Enfin, modulé dans sa durée comme dans la nature de la prestation en fonction des besoins individuels, cet appui développerait la « complémentarité recherchée », mais aussi « l’équité de traitement des demandeurs d’emploi », tout comme les besoins des conseillers « dans la conduite des transitions professionnelles des demandeurs d’emploi dont ils ont la responsabilité et a fortiori dans le cadre du CEP ».
Reste à connaître la réaction de la direction générale de Pôle emploi, qui n’a pu nous répondre avant le bouclage de cette édition.
Peu confiant quant à l’issue du désaccord, l’universitaire consultant-formateur Michel Abhervé estime lui qu’il y a là une occasion ratée de « redonner aux “ex-psychos de l’Afpa” [1] […] une mission en phase avec leurs compétences en matière de psychologie et d’orientation professionnelle » (voir le billet d’origine sur son blog).
• Contact : collectifpsy chez voila.fr
• Site Pôle Psycho – Collectif national des équipes d’orientation spécialisée de Pôle emploi : www.polepsycho.com/

Notes :
[1] NDLR : Les psychologues du travail de l’Afpa ont été "transférés" à Pôle emploi en avril 2010.

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